Mon Premier Toit
Retour au guide Décision 4 sur 5

Divise ou indivise ?

Deux régimes juridiques de copropriété au Québec. L’indivise séduit par son prix d’achat plus bas, surtout à Montréal. Mais le financement, l’assurance et la revente répondent à des règles différentes, et c’est là que le rabais initial peut s’évaporer.

La réponse courte

Si tu trouves un divis dans ton budget, prends-le. L’indivis n’est rentable que si tu acceptes 20 % de mise de fonds, un taux légèrement plus élevé, et une revente plus lente, en échange d’un prix d’achat 15 à 25 % inférieur.

Les chiffres côte à côte

Divise Indivise
Statut juridique Propriétaire de l’unité + parts communes Propriétaire d’une fraction de l’immeuble entier
Mise de fonds minimale 5 % (avec assurance SCHL) 20 % minimum
Hypothèque Individuelle Individuelle ou collective (à vérifier)
Décote prix d’achat Aucune 15 % à 25 % moins cher
Document clé Déclaration de copropriété Convention d’indivision
Gestion Syndicat de copropriétaires Accord entre indivisaires
Vendre sa part Libre Droit de préemption des autres indivisaires (souvent)
Marché secondaire Fluide Plus lent à revendre

Choisis selon ton profil

Divise

Quand le standard suffit

  • Tu vises un premier achat avec 5 à 10 % de mise de fonds
  • Tu prévois revendre dans 5 à 7 ans
  • Tu veux financer via une banque traditionnelle sans friction

C’est le régime par défaut pour un condo construit après les années 90. Si l’immeuble est récent, il est presque certainement divis.

Indivise

Quand le rabais vaut la complexité

  • Tu as 20 % de mise de fonds et tu veux un quartier central (Plateau, Mile End, Rosemont)
  • Tu connais déjà les autres copropriétaires ou tu fais confiance au notaire qui te recommande l’immeuble
  • Tu prévois rester 7 ans ou plus pour absorber la décote à la revente

Fais examiner la convention d’indivision par ton notaire, pas celui du vendeur. Le diable est dans les clauses de droit de préemption et de remplacement de la toiture.

Le piège à connaître

L’hypothèque collective rend tes copropriétaires solidaires

Dans une minorité d’indivis (surtout les plus anciens), une seule hypothèque grève tout l’immeuble. Si un copropriétaire perd son emploi et arrête de payer, la banque peut exiger que les autres couvrent sa part, sinon, saisie collective. Quelques cas médiatisés à Montréal ont coûté très cher à des acheteurs qui ignoraient le mécanisme.

Demande noir sur blanc si l’hypothèque est individuelle. Si elle ne l’est pas, recule.

Calculatrice

Frais de notaire et coûts d’achat

La convention d’indivision et la lecture de la déclaration de copropriété sont des honoraires supplémentaires, la calculatrice les chiffre.

Ouvrir la calculatrice

Questions fréquentes

Pourquoi un condo indivis est-il moins cher à l’achat ?

Parce qu’il est plus difficile à financer et à revendre. Le marché compense par un prix réduit de 15 à 25 % par rapport à un divis comparable. La décote est réelle, mais elle ne disparaît pas. Tu la retrouves à la revente.

Quelle mise de fonds est exigée pour un indivis ?

Généralement 20 % minimum, parfois 25 ou 30 % selon le prêteur et le nombre de copropriétaires. La SCHL n’assure pas les hypothèques indivises classiques, ce qui explique l’exigence. Quelques prêteurs alternatifs acceptent moins, mais à taux plus élevé.

Qu’est-ce qu’une hypothèque collective et puis-je l’éviter ?

Dans certains indivis, tous les copropriétaires partagent une seule hypothèque sur l’immeuble entier. Si un copropriétaire fait défaut, les autres doivent payer sa part. C’est de plus en plus rare : la majorité des indivis modernes ont des hypothèques individuelles. Confirme avec le notaire avant de signer.

Comment savoir si l’immeuble est divis ou indivis ?

L’indice immobilier au registre foncier le dit explicitement. La convention d’indivision (pour un indivis) ou la déclaration de copropriété (pour un divis) doit t’être remise avant la signature. Si tu reçois une « convention d’indivision », tu es en indivis.

Est-ce qu’on peut convertir un indivis en divis ?

Possible mais lourd : il faut un cadastre vertical, l’accord de tous les copropriétaires, des plans d’architecte, et l’autorisation municipale. Coût : 15 000 à 40 000 $ par unité. À Montréal, les conversions sont gelées dans la plupart des arrondissements depuis les années 90.